Bulletin trimestriel 2/2026
Rapport sur la politique monétaire
Rapport destiné à la Direction générale de la Banque nationale suisse pour l'examen de juin 2026 de la situation économique et monétaire
Le rapport décrit l'évolution sur les plans économique et monétaire et commente la prévision d'inflation. Il précise l'appréciation de la BNS sur la situation économique et les conclusions qu'elle en tire pour la politique monétaire.
L'essentiel en bref
- Le 18 juin 2026, la Banque nationale a décidé de maintenir son taux directeur à 0%. À moyen terme, la pression inflationniste n'a pratiquement pas changé par rapport à la mi-mars. La politique monétaire de la BNS est appropriée pour maintenir l'inflation dans la plage de stabilité des prix et elle soutient l'activité. Au besoin, la BNS est davantage disposée à intervenir sur le marché des changes.
- La croissance de l'économie mondiale a été solide au premier trimestre 2026, mais s'est quelque peu ralentie depuis. L'inflation s'est accélérée dans de nombreux pays au cours des derniers mois. En raison du conflit au Moyen-Orient et de la forte hausse des prix des matières premières, la croissance de l'économie mondiale devrait, à court terme, être plus modérée qu'aux trimestres précédents. En outre, l'inflation devrait, dans un premier temps, se maintenir à un niveau relativement élevé.
- En Suisse, le PIB a enregistré une progression solide au premier trimestre. Pour les trimestres à venir, le léger ralentissement de la dynamique mondiale devrait freiner la croissance en Suisse, qui sera cependant soutenue par la politique monétaire. À moyen terme, l'amélioration attendue de la conjoncture mondiale créera une impulsion positive. La BNS table sur une progression du PIB d'environ 1% en 2026 et d'environ 1,5% en 2027.
- L'inflation est passée de 0,1% en février à 0,6% en mai. Cette accélération tient à l'inflation importée, qui a nettement augmenté en raison de la forte hausse des prix des produits pétroliers. Les anticipations d'inflation se situaient dans la plage de stabilité des prix. Celles à court terme ont toutefois augmenté avec la hausse des prix de l'énergie.
- Les incertitudes entourant les perspectives économiques en Suisse et dans le monde demeurent fortes, surtout en raison de la situation encore fragile au Moyen-Orient.
- La courbe des rendements des obligations de la Confédération n'a guère changé depuis mi-mars, tandis que le franc s'est quelque peu déprécié. Les cours des actions suisses et les prix de l'immobilier résidentiel ont augmenté. Le rythme de croissance des agrégats monétaires larges et des prêts hypothécaires s'est stabilisé.
Signaux conjoncturels
Résultats des entretiens menés par la BNS avec les entreprises
2e trimestre 2026
Rapport des déléguées et délégués aux relations avec l'économie régionale destiné à la Direction générale de la BNS pour l'examen trimestriel de la situation. Les appréciations présentées ci-après reposent sur les informations recueillies auprès de décideuses et décideurs économiques de toute la Suisse. La BNS analyse ces informations, puis les interprète sous une forme agrégée.
L'essentiel en bref
- Il ressort des entretiens que l'économie suisse connaît une solide croissance au deuxième trimestre. Les chiffres d'affaires des entreprises des services et de la construction enregistrent une progression robuste. En revanche, ceux des entreprises de l'industrie hors construction n'augmentent que modérément. Dans certaines entreprises, les signes de reprise observés au trimestre précédent sont atténués par la situation au Moyen-Orient.
- Les entreprises restent confiantes et s'attendent à une solide hausse de leurs chiffres d'affaires au cours des prochains trimestres, bien que les perspectives soient beaucoup moins positives qu'au début de l'année. L'incertitude est jugée élevée.
- Le blocage du détroit d'Ormuz se fait nettement ressentir sur les prix d'achat des entreprises. Les importations de biens intermédiaires sont devenues plus onéreuses en raison de la hausse des prix de l'énergie et du transport. Concernant les prix de vente, les entreprises s'attendent également à une augmentation. Celle-ci devrait être toutefois moins marquée que pour les prix d'achat.
- Les anticipations d'inflation à court terme des entreprises ont affiché une hausse significative, alors que les anticipations à moyen terme n'ont que légèrement augmenté. Les prévisions salariales ont également peu évolué. Les entreprises continuent de tabler sur une progression modérée des salaires en 2027. La situation en matière de recrutement est considérée comme relativement aisée.