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Politique monétaire et stabilité financière à la BNS: le rôle des instruments macroprudentiels

26 août 2026
Antoine Martin, vice-président de la Direction générale
Université de Bâle, Bâle

Résumé

La Banque nationale a d’abord pour mandat d’assurer la stabilité des prix. Elle a ensuite pour tâche de contribuer à la stabilité du système financier. Selon cette hiérarchie des priorités établie par le législateur, l’objectif de stabilité des prix prime la contribution à la stabilité financière. 

La politique monétaire et la stabilité financière interagissent l’une avec l’autre. Il ne peut y avoir de stabilité macroéconomique sans un système financier stable. Par ailleurs, le bon fonctionnement du secteur bancaire joue un rôle important dans la transmission efficace de la politique monétaire. La stabilité des prix, de son côté, fournit une base déterminante à la stabilité du système financier, sans pour autant exclure que s’y développent des vulnérabilités. 

Comme les mesures de politique monétaire nécessaires à la stabilité des prix ne garantissent pas toujours la stabilité financière, elles doivent être complétées par des instruments macroprudentiels spécifiques, et ce, d’autant plus que la BNS ne fixe pas le taux directeur à un niveau plus élevé que ce qu’exige l’objectif de stabilité des prix (leaning against the wind). En Suisse, le volant anticyclique de fonds propres constitue un tel instrument. 

Trois exemples récents illustrent les interactions entre la politique monétaire et la stabilité financière: 

  • La crise du Credit Suisse a montré que la stabilité financière est une condition préalable à la stabilité des prix, et souligné à quel point des volants de fonds propres et de liquidités suffisants étaient importants pour assurer une transmission fluide de la politique monétaire. 
  • La phase de taux d’intérêt bas à l’échelle mondiale, de 2009 à 2021, a illustré la manière dont apparaissent des vulnérabilités, auxquelles la BNS réagit à l’aide d’instruments macroprudentiels.  
  • Le cycle de resserrement monétaire de 2022 à 2023 a montré que dans certaines situations, les mesures nécessaires du point de vue de la politique monétaire concordent avec celles qui sont requises du point de vue de la stabilité financière. 

L’interaction de la politique monétaire et de la stabilité financière met en lumière l’importance d’un système financier résilient. Elle montre aussi qu’il est nécessaire de pouvoir renforcer cette résilience d’une manière ciblée en cas d’accumulation des vulnérabilités. Les banques ne peuvent octroyer des prêts, et ne sont disposées à le faire, que si elles détiennent suffisamment de fonds propres. C’est précisément ce que permet une politique macroprudentielle robuste.

Bonsoir à toutes et à tous,

La politique monétaire et la stabilité financière sont souvent considérées comme deux enjeux distincts pour les banques centrales. Or l’histoire montre que, durant les périodes de changement économique profond notamment, elles sont étroitement liées. 

Comment gérer les interactions entre la politique monétaire et la stabilité financière? 

La manière dont les banquiers centraux abordent cette question a varié au fil du temps. Pour nombre d’entre eux, la leçon de la crise financière mondiale de 2008 a été que les risques financiers doivent être atténués de façon préventive, avant qu’une crise n’éclate. 

Ce soir, je souhaiterais revenir sur cette leçon et évoquer la manière dont elle s’applique, dans la pratique, à la Suisse. Je suis très heureux d’être ici à Bâle et d’avoir l’occasion de m’entretenir avec vous. Je me réjouis d’autant plus que nous poursuivrons ensuite la discussion, lors de la table ronde, avec Sarah Lein et Nikola Tarashev.

Dans un premier temps, je défendrai l’idée selon laquelle la politique monétaire et la stabilité financière peuvent aller de pair. Elles se renforcent même l’une l’autre. À cet effet, les autorités ont besoin d’instruments adéquats. Quels sont ces instruments, et de quelle manière doivent-ils évoluer pour continuer de renforcer la résilience du système financier suisse?

Pour répondre à ces questions, je donnerai d’abord quelques éléments de contexte montrant précisément comment la politique monétaire et la stabilité financière interagissent. Ensuite, j’illustrerai la manière dont la BNS gère ces interactions dans la pratique, sur la base d’exemples tirés du passé récent.

1. La relation entre politique monétaire et stabilité financière 

La BNS a à la fois pour mandat légal de mener la politique monétaire, et pour tâche de contribuer à la stabilité du système financier. Le mandat de politique monétaire de la BNS est inscrit dans la Constitution fédérale, à l’art. 99. La BNS est tenue par la loi sur la Banque nationale d’assurer la stabilité des prix. La loi stipule aussi que, dans ce cadre, la BNS assume diverses autres tâches1, et notamment celle de contribuer à la stabilité du système financier (art. 5 LBN).

Contrairement à la politique monétaire, qui est du seul ressort de la BNS, la stabilité financière est une tâche partagée avec le Conseil fédéral et l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA)2. La BNS contribue à la stabilité financière en apportant un soutien en liquidités aux banques, en surveillant les risques systémiques et en proposant des adaptations du volant anticyclique de fonds propres, qui est le seul instrument macroprudentiel prescrit par le cadre réglementaire suisse. En outre, la BNS est chargée d’identifier et de désigner les banques d’importance systémique, et de surveiller les infrastructures des marchés financiers d’importance systémique. Par contre, la surveillance bancaire n’est pas du ressort de la BNS. Elle relève de la FINMA, qui assure la surveillance des établissements financiers et doit faire respecter la législation bancaire. De leur côté, le Conseil fédéral et le Parlement sont chargés de définir le cadre réglementaire et législatif. 

Comment la stabilité financière influence-t-elle la politique monétaire?

Nous allons voir d’abord comment la stabilité financière influence la politique monétaire, puis comment la politique monétaire, à son tour, influe sur la stabilité financière. 

La stabilité macroéconomique requiert un système financier stable, c’est-à-dire à même d’assumer ses principales fonctions – accorder des prêts, recevoir des dépôts et assurer des paiements – y compris en cas de choc. Une instabilité financière est préjudiciable à la croissance économique et à la stabilité des prix, et pourrait appeler une réponse de la politique monétaire.

J’aimerais m’attarder sur deux caractéristiques de cette influence. 

La première a trait aux crises financières et au fait que la stabilité financière est une condition préalable à la stabilité des prix. Les crises financières sont très coûteuses en termes de perte de production. L’expérience montre que les pertes économiques sont plus profondes et plus persistantes lorsqu’elles résultent de telles crises que lorsqu’elles découlent de récessions «normales». Depuis la Seconde Guerre mondiale, les crises financières qu’ont connues les économies avancées et émergentes ont, en moyenne, entraîné une contraction du PIB durant deux ans, le creux correspondant à une baisse de 1,5% du PIB par habitant. Cinq ans après une crise financière, le PIB était inférieur de 4 à 5% au niveau qu’il aurait eu après une récession3. L’ampleur des retombées sur la production économique a eu pour pendant une inflation excessivement faible, voire négative, nécessitant une réponse exceptionnelle de la politique monétaire.

La deuxième caractéristique de l’influence de la stabilité financière sur la politique monétaire est le rôle du secteur bancaire dans la transmission de la politique monétaire. Le taux directeur de la BNS influe sur les taux des dépôts et des prêts, et donc sur les décisions d’épargne et d’investissement (canal des taux d’intérêt) ainsi que sur la propension des banques à accorder des prêts (canal du crédit)4. En conséquence, les banques jouent un rôle central dans le mécanisme de transmission.

La solidité du secteur bancaire est essentielle pour que la politique monétaire se transmette efficacement. Prenons l’exemple d’une réduction du taux directeur visant à stimuler l’activité de crédit bancaire pour contrer des pressions à la baisse sur l’inflation: la transmission de cette politique monétaire ne sera effective que si les banques disposent de suffisamment de fonds propres pour soutenir l’octroi de prêts. Ainsi, durant les années qui ont suivi la crise financière mondiale, les banques insuffisamment capitalisées ont, dans de nombreux pays, été réticentes à accorder des prêts5.  

Pour résumer, il est indispensable que les banques soient résilientes pour que les banques centrales puissent à la fois remplir leurs tâches en matière de stabilité financière et accomplir leur mandat de politique monétaire. Un secteur financier résilient contribue à prévenir les crises bancaires et concourt de façon importante à une transmission fluide et efficace de la politique monétaire6

Comment la politique monétaire influence-t-elle la stabilité financière? 

Nous venons d’évoquer l’influence de la stabilité financière sur la politique monétaire. Comment la politique monétaire influe-t-elle à son tour sur la stabilité financière?

La stabilité des prix est une base de la stabilité financière. La stabilité macroéconomique à long terme bénéficie aux banques. Un environnement nominal stable facilite la détermination des prix des actifs et favorise des décisions durables en termes de prêts et d’emprunts. En assurant la stabilité des prix, les banques centrales contribuent à créer les conditions nécessaires au bon fonctionnement du secteur financier, notamment en matière de prêts. Cependant, une inflation faible et stable n’exclut pas l’accumulation de vulnérabilités financière.

Une comparaison du cycle conjoncturel et du cycle financier permet d’illustrer ce point. Le cycle conjoncturel, qui est important pour la politique monétaire, est généralement plus court que le cycle financier. Ce dernier – mesurable par exemple à l’aune de la dynamique du crédit ou des prix des actifs – connaît des phases d’expansion et de contraction plus fortes, en particulier dans l’immobilier7.

En raison des différences entre le cycle conjoncturel et le cycle financier, le taux directeur nécessaire à la stabilité des prix pourrait compter parmi les nombreux facteurs contribuant à l’accumulation de vulnérabilités. En particulier, il peut arriver que, malgré une inflation faible et stable, des vulnérabilités s’accumulent sur les marchés du crédit et des actifs, et prennent corps soudainement, déclenchant potentiellement une crise financière. À cet égard, les crises financières peuvent être considérées comme la phase de contraction du cycle financier8. La crise financière mondiale en est un exemple type, des années de croissance rapide du crédit et des prix des logements s’étant soldées par une correction brutale9

Comment la BNS doit-elle gérer les effets de la politique monétaire sur la stabilité financière? La réponse a été apportée par la législation suisse, et trouve confirmation dans la recherche scientifique.

Le législateur a fixé une priorité claire concernant le mandat de politique monétaire et la tâche en matière de stabilité financière qu’il a assignés à la BNS: la stabilité des prix prime. Le mandat de la BNS est inscrit dans la Constitution et précisé dans la loi sur la Banque nationale. Le rôle de la BNS en matière de stabilité financière, quant à lui, est défini dans la loi sur la Banque nationale, où il est décrit comme une tâche fixée dans le cadre de la politique monétaire. Le mandat de politique monétaire de la BNS et la contribution qu’elle doit apporter à la stabilité financière sont tous les deux importants, et se renforcent mutuellement. Néanmoins, cette hiérarchie conduit la BNS à donner la priorité à la stabilité des prix. 

Que dit la recherche? Après la crise financière mondiale, une abondante littérature a montré qu’en ce qui concerne les instruments dont disposent les banques centrales, l’utilisation optimale des taux d’intérêt réside dans la poursuite de la stabilité des prix, tandis que les éventuelles externalités négatives sur la stabilité financière doivent être contrées à l’aide d’autres outils10. Cette conclusion est conforme à la règle de Tinbergen, ou principe de séparation: la réalisation des objectifs d’une politique économique nécessite un nombre d’instruments au moins égal au nombre d’objectifs fixés. La recherche a montré le coût trop élevé de l’approche dite «leaning against the wind», consistant à fixer un taux directeur plus élevé que nécessaire du point de vue de la stabilité des prix dans le but de contenir les risques pour la stabilité financière. Les banques centrales devraient au contraire fixer leur taux directeur sans autre considération que celle de la stabilité des prix. Elles doivent, parallèlement, disposer d’une panoplie distincte afin de gérer les risques pour la stabilité financière.

La BNS fixe son taux directeur en fonction du seul objectif de stabilité des prix. En Suisse, les vulnérabilités dans le secteur financier sont traitées à l’aide d’instruments macroprudentiels. Le Conseil fédéral, la FINMA et la BNS jouent un rôle actif à cet égard11

En Suisse, le volant anticyclique de fonds propres est le seul instrument macroprudentiel prescrit par le cadre réglementaire12. La mise en œuvre d’autres mesures macroprudentielles, telles que des restrictions en termes de quotité de financement ou de ratio prêt/revenus relève de l’autorégulation. Le principe derrière le volant anticyclique de fonds propres est que les banques renforcent leur résilience en accroissant progressivement leurs fonds propres, à mesure que les vulnérabilités cycliques se développent sur le marché du crédit. Plus les vulnérabilités augmentent, plus les banques doivent détenir de fonds propres. Si des vulnérabilités se concrétisent, le volant anticyclique entre en jeu, libérant des fonds propres que les banques peuvent utiliser pour absorber les pertes ou continuer de financer l’économie réelle. Il y a de ce fait moins de risques de voir s’enclencher une spirale du durcissement des conditions de crédit13

Le cadre réglementaire suisse permet une application aussi bien généralisée que sectorielle du volant anticyclique de fonds propres. En 2013, le Conseil fédéral a décidé d’activer un volant anticyclique sectoriel, sur proposition de la BNS. C’était, pour la Banque nationale, la réponse la plus efficace en termes de coûts, car les vulnérabilités se concentraient alors – tout comme aujourd’hui – sur les marchés hypothécaire et de l’immobilier résidentiel. Le volant anticyclique sectoriel augmente les exigences de fonds propres pour les prêts hypothécaires dans l’immobilier résidentiel suisse, sans modifier les exigences pour les autres types de prêts. La dimension sectorielle permet ainsi d’éviter un ralentissement de la dynamique du crédit sur d’autres segments. Dans le même temps, il accroît la résilience générale du secteur bancaire dans son ensemble, dans la mesure où les créances hypothécaires constituent la plus vaste classe d’actifs figurant aux bilans des banques suisses. 

Après avoir été activé en 2013, le volant anticyclique sectoriel de fonds propres a été relevé en 2014. Il a été désactivé en 2020, au début de la pandémie de Covid-19. En 2022, il a été réactivé et porté au maximum légal de 2,5%14. Ce plafond légal strict, qui est une particularité suisse, représente une contrainte dans l’utilisation du volant. Je reviendrai sur ce point tout à l’heure. D’abord, je souhaiterais évoquer un enseignement important pour l’élaboration d’une panoplie macroprudentielle efficace, que nous avons tiré de la désactivation du volant sectoriel lors de la pandémie.

Si les vulnérabilités sur les marchés immobilier et hypothécaire en Suisse sont restées élevées tout au long de la pandémie, le volant anticyclique sectoriel de fonds propres a été désactivé pour faire en sorte que l’octroi de prêts ne s’interrompe pas durant une période d’incertitude exceptionnelle. Toutefois, les vulnérabilités sur les marchés hypothécaire et de l’immobilier résidentiel ont persisté et augmenté. Avec la désactivation du volant anticyclique, le montant des fonds propres que les banques devaient réserver pour l’absorption de pertes en cas de crise immobilière a diminué. 

Le volant sectoriel a en effet servi deux objectifs distincts: premièrement, renforcer la résilience face à la concrétisation de vulnérabilités sur les marchés immobilier et hypothécaire; et deuxièmement, libérer des fonds propres en réaction à des chocs, même s’ils n’ont pas de lien avec ces vulnérabilités. Ce double rôle peut poser problème et constitue un argument supplémentaire en faveur d’un autre volant de fonds propres, séparé et spécifiquement conçu pour absorber l’impact de chocs sans lien avec des vulnérabilités sur les marchés du crédit et de l’immobilier.

Après la pandémie, de nombreux pays ont d’ailleurs mis en place un tel volant15. À ce jour, la Suisse n’a pas intégré d’instrument de ce type dans son cadre réglementaire. L’expérience acquise en Suisse durant la pandémie, et l’expérience d’autres pays, offrent des enseignements utiles pour faire évoluer de manière éclairée le cadre macroprudentiel helvétique.

2. L’interaction de la politique monétaire et de la stabilité financière en Suisse: quelques exemples concrets

Nous venons de voir comment la politique monétaire et la stabilité financière interagissent. Il convient maintenant de se demander ce que cela implique pour la Suisse. À cet effet, je voudrais prendre trois exemples dans le passé récent: la crise du Credit Suisse, la période de taux d’intérêt bas entre 2009 et 2021, et le resserrement du cycle de politique monétaire entre 2022 et 2023. Chacun de ces exemples illustre un aspect différent des interactions entre la politique monétaire et la stabilité financière, et permet de présenter la perspective de la politique monétaire dans une situation concrète. 

La crise du Credit Suisse: la stabilité financière comme condition préalable à la stabilité des prix 

La crise du Credit Suisse couvait déjà en 2022. La banque souffrait depuis longtemps d’une perte de confiance et de sorties de fonds de la part de sa clientèle, car ni celle-ci ni les acteurs du marché ne considéraient son modèle d’affaires comme étant encore viable. L’effondrement de la Silicon Valley Bank aux États-Unis a entraîné, mi-mars 2023, une dégradation rapide de la situation. Le Conseil fédéral, la FINMA et la BNS ont travaillé ensemble, dans un contexte de fortes pressions, à l’élaboration d’une solution pour préserver la stabilité financière et protéger l’économie suisse. Vous savez toutes et tous quelle solution a finalement été trouvée: l’acquisition du Credit Suisse par UBS, doublée d’une série de mesures du Conseil fédéral. La BNS a joué un rôle central dans la gestion de cette crise en fournissant un volume de liquidités sans précédent16

Trois conclusions peuvent être tirées de la crise du Credit Suisse. Premièrement, la stabilité financière est une condition préalable à la stabilité des prix. Deuxièmement, des volants de fonds propres et de liquidités suffisants sont décisifs pour l’absorption des chocs et une transmission fluide de la politique monétaire. Troisièmement, une bonne réglementation est essentielle pour accroître la résilience du système financier. Examinons de plus près chacun de ces trois points. 

La stabilité financière est une condition préalable à la stabilité des prix. Une faillite désordonnée du Credit Suisse (établissement bancaire d’importance systémique mondiale, EBISm) aurait eu de lourdes conséquences pour la stabilité financière et l’économie17. Compte tenu des liens du Credit Suisse avec l’étranger, les retombées d’une telle faillite auraient probablement dépassé les frontières de la Suisse. Un effondrement de l’établissement aurait créé une onde de choc à travers le système financier mondial. Il aurait eu des répercussions désastreuses pour l’économie réelle. 

Par exemple, comme l’a souligné Thomas Jordan lors d’un exposé en 2023, dans un scénario où le Credit Suisse se serait effondré et le gouvernement ne serait pas intervenu, un grand nombre de ménages et de petites et moyennes entreprises (PME) suisses auraient perdu l’accès à leurs dépôts. Les paiements effectués via le Credit Suisse n’auraient plus été exécutés. En outre, les PME en particulier n’auraient plus été en mesure d’utiliser les limites de crédit que le Credit Suisse leur avait accordées, et les prêts arrivant à échéance n’auraient pas été reconduits. Les retombées économiques en Suisse auraient probablement été considérables, et la théorie macroéconomique indique que la stabilité des prix aurait également été affectée.

Heureusement, le Credit Suisse n’a pas connu de faillite désordonnée, mais a été racheté par UBS. Cette acquisition a cependant fortement modifié l’environnement suisse du marché du crédit, et aurait pu avoir des implications pour la transmission de la politique monétaire18

Cela m’amène au deuxième point: l’importance de volants de fonds propres et de liquidités suffisants pour absorber les chocs et permettre une transmission fluide de la politique monétaire. La structure du marché suisse du crédit a profondément changé lorsque UBS a repris la clientèle du Credit Suisse. Après l’acquisition, de nombreux ménages et entreprises jusqu’alors clients d’UBS et du Credit Suisse ont cherché à nouer de nouvelles relations de crédit avec d’autres banques par souci de diversification19. Dans ce contexte, l’octroi de prêts par l’entité issue du rapprochement des deux banques a nettement baissé. Heureusement, ce recul a été plus que compensé par la croissance du crédit au sein des banques axées sur le marché intérieur et des «autres banques». La catégorie Autres banques regroupe des établissements résidents spécialisés, dont la plupart se consacrent à la gestion de fortune, ainsi que des succursales et filiales de banques non résidentes. Au total, les volumes de crédit ont continué d’enregistrer une croissance solide, et la transmission de la politique monétaire s’est poursuivie sans heurts. Il n’y a pas eu de signes d’un resserrement du crédit. 

Cela a été possible parce que les banques axées sur le marché intérieur et les «autres banques» disposaient d’une capacité de prêt suffisante pour répondre à l’augmentation de la demande20. L’ampleur des volants de fonds propres et de liquidités des banques a permis au système bancaire de surmonter le changement structurel sans compromettre la disponibilité du crédit. C’est là encore la preuve qu’une réglementation appropriée et des volants suffisants permettent d’absorber les chocs, quelle qu’en soit la nature. Une réglementation appropriée et des volants suffisants renforcent la transmission de la politique monétaire, et favorisent donc la réalisation de l’objectif de stabilité des prix.

J’en viens maintenant au troisième point. La crise du Credit Suisse a mis en lumière plusieurs lacunes dans le cadre réglementaire existant, en particulier dans le domaine des exigences de fonds propres et dans la préparation de garanties. Il est d’autant plus important que la Suisse mette en œuvre une réglementation too big to fail (TBTF) solide, et comble ces lacunes, que le secteur bancaire suisse a vu sa concentration augmenter, et sa taille s’accroître en proportion du PIB suisse21. Les mesures TBTF proposées par le Conseil fédéral, notamment la couverture complète des participations détenues à l’étranger en fonds propres de base durs (fonds propres CET1), renforceraient la résilience du marché financier en Suisse22

La phase de taux d’intérêt bas entre 2009 et 2021: vulnérabilités dans le secteur financier et rôle des instruments macroprudentiels

Nous allons à présent remonter un peu plus loin dans le temps, car mon deuxième exemple concerne l’accumulation des vulnérabilités dans le système financier durant la phase de taux d’intérêt bas à l’échelle mondiale, entre 2009 et 2021. Cet épisode illustre les conséquences potentielles de la politique monétaire sur la stabilité financière. Il montre quelles peuvent être ces implications et de quelle manière la BNS y a réagi à l’époque. 

Après la crise financière mondiale, le niveau des taux d’intérêt avait nettement diminué dans le monde entier, et ce, pour deux raisons. D’abord, les taux d’intérêt d’équilibre avaient baissé à l’échelle mondiale durant plusieurs décennies en raison du vieillissement démographique et du ralentissement de la croissance de la productivité, qui ont modifié l’offre et la demande d’épargne et d’investissements23. Ensuite, les politiques monétaires étaient généralement expansionnistes en raison de la faiblesse de l’inflation et de l’atonie de la reprise économique après la crise financière mondiale24

La Suisse ne faisait exception sur aucun de ces deux fronts. Le taux d’intérêt d’équilibre y reflète aussi la tendance baissière à long terme des taux d’intérêt à l’échelle mondiale. Les pressions à la baisse sur l’inflation pendant plus d’une décennie avaient nécessité une politique monétaire accommodante, y compris l’établissement d’un taux directeur négatif pour assurer l’accomplissement du mandat de stabilité des prix de la BNS.

La faiblesse des taux d’intérêt à l’échelle mondiale avait des implications pour la stabilité financière, car elle favorisait une prise de risque accrue à travers le système financier. En Suisse, même si le taux directeur était négatif, les taux des dépôts bancaires restaient à zéro, car les banques avaient des réticences à répercuter les taux négatifs sur leur clientèle de détail. Parallèlement, après avoir d’abord augmenté avec le passage du taux directeur en zone négative, les taux des prêts reculaient, pesant sur les marges nettes d’intérêt et donc, sur la profitabilité des banques. En conséquence, celles-ci étaient incitées à augmenter leur activité de crédit et à prendre davantage de risques d’échéance et de crédit25.

Les actifs sûrs restant très peu rémunérateurs, les acteurs du marché se sont mis en quête de meilleurs rendements, ce qui a accru la demande d’actifs immobiliers et comprimé les primes de risque. Les taux hypothécaires sont tombés à des niveaux historiquement bas, alimentant la croissance des prêts hypothécaires. Cette tendance, associée à une forte demande de logements et à une offre restreinte, a conduit à une augmentation des prix des objets résidentiels. Sur les marchés hypothécaire et de l’immobilier résidentiel en Suisse, les vulnérabilités se sont accumulées peu à peu. Les valorisations ont de plus en plus divergé des facteurs fondamentaux tels que les revenus des ménages et les revenus locatifs26

Comme indiqué précédemment, la BNS a réagi à l’accumulation de vulnérabilités en proposant au Conseil fédéral l’activation, puis le relèvement, du volant anticyclique sectoriel de fonds propres. Le recours au volant anticyclique, exigeant des banques un accroissement de leurs fonds propres, a renforcé la résilience du secteur bancaire27. En cas de correction sur les marchés concernés, le volant permet aux banques de mobiliser des fonds propres pour absorber leurs pertes tout en continuant d’octroyer des prêts aux ménages et aux entreprises. Par ailleurs, la FINMA a reconnu comme standard minimal les nouvelles exigences en matière de prêts hypothécaires établies par le secteur bancaire dans ses directives d’autorégulation28.

Au début de cet exposé, j’avais posé la question suivante: de quelle manière la politique macroprudentielle peut-elle continuer à renforcer la résilience du système financier à l’avenir? Comme nous l’avons vu, une solution consisterait à mettre en place un volant de fonds propres supplémentaire. Celui-ci permettrait aux banques de maintenir leur activité de crédit en cas de chocs étrangers aux vulnérabilités sur les marchés du crédit et de l’immobilier, tel que celui de la pandémie. En outre, relever le niveau maximal du volant anticyclique sectoriel de fonds propres pourrait constituer une étape importante. L’an dernier, le Fonds monétaire international a estimé qu’il s’agissait d’une option importante dans son Programme d’évaluation du secteur financier pour la Suisse29. Actuellement, ce volant atteint le plafond légal de 2,5%. Autrement dit, il n’existe plus de marge de manœuvre macroprudentielle en cas de nouvelle accumulation des risques sur les marchés du crédit et de l’immobilier.  

Cela ne signifie pas que le volant anticyclique de fonds propres devrait être relevé aujourd’hui: selon notre évaluation, ce n’est clairement pas le cas. Néanmoins, l’expérience montre que la situation peut changer, et qu’il est alors essentiel de pouvoir réagir. Cela est particulièrement important dans l’environnement actuel en Suisse, lequel associe des taux d’intérêt bas et une forte demande de logements.

Le cycle de resserrement monétaire de 2022 à 2023

La phase de taux d’intérêt bas s’est achevée avec le cycle de resserrement monétaire de 2022 à 2023, qui constitue mon troisième exemple. Nous allons voir que dans certaines situations, les mesures nécessaires du point de vue de la politique monétaire concordent avec celles qui sont requises du point de vue de la stabilité financière. 

Vers la fin de la pandémie, l’inflation a nettement accéléré dans de nombreuses économies avancées, y compris en Suisse. Le rattrapage de la demande, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et la pénurie de main-d’œuvre, puis la hausse des prix de l’énergie après l’éclatement du conflit en Ukraine, ont alimenté les pressions inflationnistes. La BNS a resserré sa politique monétaire en suivant une approche duale. Au second semestre 2021, nous avons délibérément laissé le franc s’apprécier en limitant nos achats de devises; puis nous avons commencé à relever le taux directeur à partir de la mi-2022, portant la hausse à 250 points de base en un an. Dans le même temps, nous avons vendu des devises, ce qui a également contribué à l’appréciation du franc et permis de réduire l’inflation. 

Les mesures nécessaires à la stabilité des prix et à la stabilité financière étaient ainsi concordantes. Du point de vue de la stabilité des prix, il était décisif d’agir pour ancrer les anticipations d’inflation, limiter les effets de second tour et permettre à l’inflation de réintégrer la plage de stabilité des prix. L’action conjuguée de relèvements du taux directeur et de ventes de devises entrepris suffisamment tôt nous a évité de devoir procéder, à un stade plus tardif, à un resserrement potentiellement plus fort qui aurait pu avoir des répercussions négatives sur l’économie. 

Du point de vue de la stabilité financière, la même logique s’est appliquée. Il était préférable de relever le taux directeur sans tarder et de manière décisive, de sorte que l’inflation réintègre rapidement la plage de stabilité des prix. Un resserrement tardif, et potentiellement plus fort, du taux directeur aurait pu peser davantage sur les bilans et les prix des actifs.

Conclusion: points essentiels

J’en arrive à la conclusion de mon exposé. Ma question initiale concernait la manière dont les banques centrales doivent gérer les interactions entre la politique monétaire et la stabilité financière. Une partie importante de la réponse est que, comme la BNS ne fixe pas le taux directeur à un niveau plus élevé que ce qu’exige l’objectif de stabilité des prix, elle doit disposer des bons outils afin de pouvoir faire face aux risques pour la stabilité financière. 

L’interaction de la politique monétaire et de la stabilité financière met en lumière l’importance d’un système financier résilient. Elle montre aussi qu’il est nécessaire de pouvoir renforcer cette résilience d’une manière ciblée en cas d’accumulation des vulnérabilités. Les banques ne peuvent octroyer des prêts, et ne sont disposées à le faire, que si elles détiennent suffisamment de fonds propres. C’est précisément ce que permet une politique macroprudentielle robuste. 

La BNS a pour mandat d’assurer la stabilité des prix. Comme les mesures de politique monétaire nécessaires à cet effet ne garantissent pas toujours la stabilité financière, elles doivent être complétées par des instruments macroprudentiels spécifiques. Le volant anticyclique de fonds propres en est un. 

La Suisse est l’un des premiers pays au monde à avoir introduit le volant anticyclique de fonds propres dans son cadre réglementaire; c’était en 2012. D’autres pays ont depuis suivi son exemple, et fait évoluer cet instrument de telle sorte que leur politique macroprudentielle soit plus flexible et efficace. L’expérience acquise depuis lors, y compris durant la pandémie, offre un enseignement utile et une occasion de réfléchir au cadre du volant anticyclique de fonds propres en Suisse.

 

Antoine Martin*
Vice-président de la Direction générale  
Banque nationale suisse
Bâle, le 26 août 2026
© Banque nationale suisse

  1. L’intervenant remercie Anne Kathrin Funk et Reto Nyffeler pour leur précieux concours durant la préparation de cet exposé. Il adresse également ses remerciements à Toni Beutler, Robert Bichsel, Marc Blatter, Matthias Burgert, Laura Felber, Jeannette Henggeler-Müller, Christoph Hirter, Sébastien Kraenzlin, Flore Richard, Stéphane Riederer, Fabio Sonderer et Andreas Wehrli, ainsi qu’aux services linguistiques de la BNS.
  2. Elle approvisionne en liquidités le marché monétaire en francs suisses; elle assure l’approvisionnement en numéraire; elle facilite et assure le bon fonctionnement de systèmes de paiement sans numéraire et elle gère les réserves monétaires.
  3. Les tâches de la FINMA en matière de stabilité financière découlent, d’une part, du chevauchement de la surveillance microprudentielle et de la surveillance macroprudentielle: l’analyse des risques propres à chaque établissement financier alimente l’analyse des risques à l’échelle du système financier. Elles résultent, d’autre part, du rôle confié à la FINMA dans la préservation du bon fonctionnement des marchés financiers, comme le prévoit la loi sur la surveillance des marchés financiers (LFINMA, art. 4). Le Conseil fédéral et le Département fédéral des finances (DFF), qui jouissent d’importants pouvoirs réglementaires, ont aussi un rôle important à jouer en ce qui concerne la stabilité financière.
  4. Il s’agit de moyennes, certaines crises pouvant s’accompagner de pertes plus élevées. Voir Allen, F. et D. Gale, «Financial contagion», Journal of Political Economy, vol. 108(1), pp. 1-33, 2000; Calvo, G. A. et E. G. Mendoza, «Mexico’s balance-of-payments crisis: a chronicle of death foretold», International Finance Discussion Paper, vol. 545, pp. 1-41, 1996; Kaminsky, G. L. et C. M. Reinhart, «The twin crises: the causes of banking and balance-of-payments problems», American Economic Review, vol. 89(3), pp. 473-500, 1999; et, plus récemment, A. M. Taylor, «Credit, financial stability, and the macroeconomy», Annual Review of Economics, vol. 7, pp. 309-339, 2015, selon lequel les données sont assez semblables pour les économies avancées et les économies émergentes.
  5. La politique monétaire de la BNS compte encore d’autres canaux de transmission, par exemple le cours de change.
  6. Le mécanisme de transmission de la politique monétaire est influencé par de multiples facteurs, dont la confiance de la population dans le système bancaire, la solidité des bilans, l’endettement des ménages et, plus généralement, le bon fonctionnement des marchés financiers.
  7. Voir Shin, H.S, «Bank capital and monetary policy transmission», exposé, BRI, 7 avril 2016.
  8. Voir FMI, «Monetary policy and financial stability», IMF Policy Paper, 28 août 2015.
  9. Voir Borio, C., «The financial cycle and macroeconomics: What have we learnt?», Journal of Banking & Finance, vol. 45, pp. 182-198, 2014.
  10. Des vulnérabilités peuvent aussi s’accumuler lorsque l’inflation s’accélère. En pareil cas, un relèvement du taux directeur est nécessaire pour stabiliser l’inflation, ce qui peut aussi créer des risques pour la stabilité financière.
  11. Voir par exemple Svensson, L. E. O., «Cost-benefit analysis of leaning against the wind», Journal of Monetary Economics, vol. 90, pp. 193-213, 2017; Habermeier, K., T. Mancini-Griffoli, G. Dell’Ariccia et V. Haksar, «Monetary policy and financial stability», IMF Policy Paper, 28 août 2015; Gorea, D., O. Kryvtsov et T. Takamura, «Leaning within a flexible inflation-targeting framework: review of costs and benefits», Banque du Canada Staff Discussion Paper 2016-17, 2016; et Kockerols, T. et C. Kok, «Leaning against the wind: macroprudential policy and the financial cycle», ECB working paper series n° 2223, 2019.
  12. Danthine, J.-P., «Reconciling price and financial stability», exposé, BNS, 24 janvier 2012; Jordan, T., «L’indépendance des banques centrales après la crise financière: perspective de la Suisse», exposé, BNS, 9 novembre 2017; Zurbrügg, F., «La politique macroprudentielle au-delà de la pandémie: bilan et perspectives», exposé, BNS, 29 mars 2022.
  13. À l’échelle internationale, le volant anticyclique de fonds propres est le seul instrument macroprudentiel intégré au dispositif finalisé de Bâle III.
  14. Voir Zurbrügg, F., «Marchés hypothécaire et immobilier: les développements actuels recèlent des risques pour la stabilité financière», exposé, BNS, 31 août 2021, et Zurbrügg, F., «La politique macroprudentielle au-delà de la pandémie: bilan et perspectives», exposé, BNS, 29 mars 2022.
  15. Voir page «Stabilité du système financier» sur le site Internet de la BNS: www.bns.ch/fr/the-snb/mandates-goals/financial-stability
  16. Certains ont introduit un volant anticyclique positif neutre par rapport au cycle; voir par exemple Behn, M., A. Pereira, M. Pirovano et A. Testa, «A positive neutral rate for the countercyclical capital buffer: state of play in the banking union», Macroprudential Bulletin, n° 21, BCE, avril 2023.
  17. Pour une vue d’ensemble de la crise du Credit Suisse et du rôle de la BNS, voir le Rapport de gestion 2023 et le Rapport sur la stabilité financière, éditions 2023 et 2024, publiés par la BNS.
  18. Voir Jordan, T., «Stabilité des prix et du système financier – Une année ardue pour la Banque nationale», exposé, 28 avril 2023, BNS.
  19. Le durcissement des exigences réglementaires (dispositif finalisé de Bâle III, exigences de liquidités plus strictes pour les banques d’importance systémique), de même que le premier relèvement des taux d’intérêt en 15 ans, ont entraîné d’autres changements sur le marché suisse du crédit.
  20. Voir Baeriswyl, R., A. Freitag et M. Ganarin, «Robust bank lending in a changing credit market environment», SNB Economic Note, 2025/13, et Maurer, C., R. Schinner et P. Christen, «Finanzdienstleistungen in der Schweiz nach dem Wegfall der Credit Suisse – Eine Analyse der Marktveränderungen und Eintrittshürden», Bases de la politique économique n° 61, Secrétariat d’État à l’économie, 2025.
  21. Si l’octroi de crédit à l’économie suisse a été globalement résilient, la modification de l’environnement a entraîné des coûts d’adaptation pour un certain nombre de ménages, d’entreprises et de banques.
  22. Voir graphique 3.7 du Rapport sur la stabilité financière 2026 de la BNS pour une comparaison internationale de la taille des banques en proportion du PIB. En 2024, la part du marché suisse des dépôts et des prêts détenue par UBS a augmenté pour atteindre environ un quart en 2024, contre respectivement 14% pour les prêts et 16% pour les dépôts en 2022 (voir Rapport sur la stabilité financière 2025, tableau 1, et Rapport sur la stabilité financière 2023, graphiques 21 et 22).
  23. La BNS salue les mesures proposées par le Conseil fédéral, en particulier: (i) l’exigence quantitative minimale appliquée aux banques d’importance systémique concernant les garanties admises par la banque centrale, (ii) l’introduction d’un mécanisme public de garantie des liquidités et (iii) la déduction complète des participations dans les filiales non résidentes. La couverture complète en fonds propres des participations à l’étranger est une mesure ciblée et proportionnée. Voir encadré «Swiss TBTF capital framework – the SNB supports full capital backing of foreign participations» dans le Rapport sur la stabilité financière 2026.
  24. Voir Jordan, T., «Le taux d’intérêt naturel (r*) comme point de repère pour la politique monétaire: considérations pratiques», exposé, 30 mai 2024, BNS, ou Burgert, M., T. Cwik, J. Molleyres et B. Rudolf, «The natural rate of interest in Switzerland», Étude économique, BNS, 2025-14.
  25. Jordan, T., «Politique de taux d’intérêt négatifs: un état des lieux», exposé, BNS, 24 octobre 2016.
  26. Voir Zurbrügg, F., «La politique monétaire de la BNS sous de nouveaux auspices?», exposé, BNS, 1er octobre 2015, pour une analyse de la manière dont le taux d’intérêt négatif a modifié la transmission de la politique monétaire.
  27. Danton, J. et T. Jokipii, «A decade of low interest rates: impact on Swiss bank profitability», SNB Working Paper 10/2024, (2024); Fuster, A., T. Schelling et P. Towbin, «Tiers of joy? Reserve tiering and bank behavior in a negative-rate environment», Journal of Monetary Economics, 2024; et Schelling, T. et P. Towbin (2020), «Negative interest rates, deposit funding and bank lending», SNB Working Paper 5/2020.
  28. S. Behncke, «Effects of macroprudential policies on bank lending and credit risk», SNB Working Paper 6/2020.
  29. À savoir: i) pour les objets immobiliers occupés par leur propriétaire: une part minimale de fonds propres de 10% de la valeur du bien et un amortissement linéaire sur 15 ans de la part du prêt excédant les deux tiers de cette valeur; ii) pour les immeubles de rendement: une part minimale de fonds propres de 25% de la valeur du bien et un amortissement linéaire sur 10 ans de la part du prêt excédant les deux tiers de cette valeur. Début 2025, les exigences applicables à l’immobilier de rendement ont été alignées sur celles qui s’appliquent aux objets occupés par leur propriétaire.
  30. Voir «Switzerland: Financial sector assessment program -Technical note on macroprudential policy and real estate risks», IMF Country Report n° 25/298, 13 novembre 2025.

Autrices/auteurs

  • Antoine Martin
    vice-président de la Direction générale

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