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Remarques introductives, conférence de presse

19 mars 2026
Martin Schlegel, président de la Direction générale
Antoine Martin, vice-président de la Direction générale
Petra Tschudin, membre de la Direction générale
Conférence de presse de la Banque nationale suisse, Zurich

Résumé

Décision de politique monétaire

Nous avons décidé de maintenir le taux directeur de la BNS à 0%. Les avoirs à vue détenus par les banques à la BNS se voient appliquer, jusqu'à un seuil défini, le taux directeur de la BNS. Pour la part des avoirs à vue dépassant ce seuil, le taux appliqué continue d'être inférieur de 25 points de base au taux directeur. Compte tenu du conflit au Moyen-Orient, nous sommes davantage disposés à intervenir sur le marché des changes pour contrer une appréciation rapide et excessive du franc, qui menacerait la stabilité des prix en Suisse.

Pour les prochains trimestres, notre prévision d'inflation conditionnelle est plus élevée que lors de l'examen de décembre en raison de la hausse des prix de l'énergie. À moyen terme toutefois, la pression inflationniste n'a pratiquement pas changé. Notre politique monétaire contribue à maintenir l'inflation dans la plage de stabilité des prix et soutient l'activité. Nous continuerons d'observer attentivement la situation et adapterons si nécessaire notre politique monétaire afin de garantir la stabilité des prix à moyen terme.

Mesdames et Messieurs,

Au nom de la Direction générale et en ma qualité de président, je vous souhaite la bienvenue à cette conférence de presse de la Banque nationale suisse (BNS). Après nos remarques introductives, nous répondrons volontiers, comme d'habitude, à vos questions.

Décision de politique monétaire

Je commence donc par notre décision de politique monétaire. Nous avons décidé de maintenir le taux directeur de la BNS à 0%. Les avoirs à vue détenus par les banques à la BNS se voient appliquer, jusqu'à un seuil défini, le taux directeur de la BNS. Pour la part des avoirs à vue dépassant ce seuil, le taux appliqué continue d'être inférieur de 25 points de base au taux directeur. Compte tenu du conflit au Moyen-Orient, nous sommes davantage disposés à intervenir sur le marché des changes pour contrer une appréciation rapide et excessive du franc, qui menacerait la stabilité des prix en Suisse.

Pour les prochains trimestres, notre prévision d'inflation conditionnelle est plus élevée que lors de l'examen de décembre en raison de la hausse des prix de l'énergie. À moyen terme toutefois, la pression inflationniste n'a pratiquement pas changé. Notre politique monétaire contribue à maintenir l'inflation dans la plage de stabilité des prix et soutient l'activité. Nous continuerons d'observer attentivement la situation et adapterons si nécessaire notre politique monétaire afin de garantir la stabilité des prix à moyen terme.

Prévision d'inflation

Permettez-moi maintenant d'aborder plus en détail l'évolution du renchérissement. L'inflation s'est légèrement accélérée depuis le dernier examen de la situation économique et monétaire, conformément à nos prévisions. Elle est passée de 0,0% en novembre à 0,1% en février. Cette augmentation s'explique notamment par le renchérissement des biens.

Avec la hausse des prix de l'énergie due à l'escalade au Moyen-Orient, l'inflation devrait augmenter de façon plus marquée au cours des prochains trimestres. À court terme, notre prévision d'inflation conditionnelle est ainsi plus élevée qu'en décembre. À moyen terme, elle a légèrement baissé sous l'effet de l'appréciation du franc. Elle se situe dans la plage de stabilité des prix pour toute la période sur laquelle elle porte (voir graphique). En moyenne annuelle, elle s'établit à 0,5% pour 2026, à 0,5% pour 2027 et à 0,6% pour 2028 (voir tableau). La prévision d'inflation conditionnelle repose sur l'hypothèse d'un taux directeur de la BNS maintenu constant à 0% sur toute la période de prévision.

Je cède à présent la parole à Antoine Martin, qui va nous présenter les perspectives de l'économie mondiale.

Perspectives de l'économie mondiale

La croissance de l'économie mondiale a été solide au quatrième trimestre 2025. En dépit des droits de douane appliqués par les États-Unis et de l'incertitude en matière de politique commerciale, les échanges internationaux de biens et les investissements ont encore augmenté, entre autres en raison d'importantes dépenses réalisées dans le domaine de l'intelligence artificielle. La consommation a elle aussi soutenu la croissance. Aux États-Unis, l'inflation est demeurée relativement élevée. Dans la zone euro, en revanche, elle s'est maintenue à un niveau proche de l'objectif visé. Les taux directeurs sont restés inchangés dans ces deux espaces monétaires.

L'incertitude entourant les perspectives économiques s'est nettement accrue avec le conflit au Moyen-Orient. Dans notre scénario de base, nous considérons que la hausse des prix de l'énergie entraînera à court terme une augmentation de l'inflation dans de nombreux pays. En outre, la croissance de l'économie mondiale devrait ralentir quelque peu de manière passagère, notamment parce que la hausse de l'inflation devrait grever le pouvoir d'achat des ménages. L'activité est en revanche soutenue par les assouplissements monétaires intervenus en 2025 et par la politique budgétaire plus expansionniste de certains pays.

Des risques importants pèsent sur les perspectives de l'économie mondiale, notamment en raison de la situation au Moyen-Orient. Les prix de l'énergie pourraient ainsi augmenter davantage que prévu dans le scénario de base, ce qui provoquerait une hausse marquée de l'inflation et freinerait sensiblement la croissance. Des perturbations des chaînes d'approvisionnement et l'incertitude accrue pourraient elles aussi ralentir la croissance. L'évolution des politiques commerciales reste par ailleurs incertaine.

Nous en arrivons maintenant à la situation en Suisse, qui va nous être présentée par Petra Tschudin.

Perspectives économiques de la Suisse

En Suisse, le produit intérieur brut (PIB) a de nouveau progressé au quatrième trimestre, après avoir reculé au trimestre précédent. Cela s'explique par l'augmentation de la création de valeur dans l'industrie pharmaceutique, après le net recul enregistré au troisième trimestre. Les services ont poursuivi leur expansion. Le chômage s'est stabilisé. En février, il s'établissait au même niveau que lors du dernier examen de la situation économique et monétaire.

Les perspectives économiques de la Suisse pour les mois à venir sont incertaines. À court terme, la croissance pourrait évoluer de façon plutôt mitigée, tandis qu'à moyen terme, les prévisions laissent entrevoir une certaine reprise. Nous tablons actuellement sur une hausse du PIB d'environ 1% pour 2026, et d'environ 1,5% pour 2027.

L'évolution de l'économie mondiale constitue la principale incertitude pesant sur les perspectives économiques de la Suisse. La situation au Moyen-Orient pourrait notamment freiner l'activité dans le monde et accentuer la pression à la hausse sur le franc.

Je rends à présent la parole à Martin Schlegel.

Perspectives de la politique monétaire

Mesdames et Messieurs, permettez-moi de revenir à présent à notre politique monétaire.

Je vais commencer par l'évolution des cours de change. La valeur nominale du franc, pondérée par le commerce extérieur, a augmenté depuis 2020. Pour se faire une image plus juste de l'évolution du franc sur cette période, il faut prendre en compte la hausse des prix en Suisse et à l'étranger. Celle-ci ayant été beaucoup plus forte à l'étranger, l'appréciation du franc a été nettement plus faible en valeur réelle qu'en valeur nominale. Globalement, la valeur de notre monnaie a ainsi peu varié en termes réels face à l'euro et au dollar entre 2020 et 2025, mis à part quelques fluctuations.

En période d'incertitude, le franc joue le rôle de valeur refuge. Il s'est raffermi depuis notre examen de décembre, et la pression à la hausse s'est encore accentuée avec l'escalade au Moyen-Orient. La valeur du franc pondérée par le commerce extérieur s'est ainsi accrue d'environ 2,5% depuis la mi-décembre.

Quelles répercussions cela a-t-il sur les conditions monétaires, qui résultent à la fois du niveau des taux d'intérêt et du cours du franc? Depuis l'examen de décembre, l'appréciation du franc a entraîné un resserrement des conditions monétaires. Elle réduit l'inflation importée et ralentit la croissance.

Dans le même temps, les taux d'intérêt sont nettement plus bas en Suisse qu'à l'étranger. En diminuant l'attrait des placements en francs, cet écart de taux contre la pression à la hausse sur notre monnaie. L'effet expansionniste du faible niveau des taux d'intérêt se reflète également dans la croissance robuste du crédit. Notre politique monétaire soutient ainsi l'activité économique.

Pour les prochains trimestres, notre prévision d'inflation conditionnelle est plus élevée qu'en décembre en raison de la hausse des prix de l'énergie. Par contre, la pression inflationniste n'a quasiment pas varié à moyen terme. Nous avons donc décidé de maintenir le taux directeur de la BNS à 0%.

Actuellement, l'incertitude entourant l'évolution de l'inflation et de la conjoncture est nettement accrue. Nous continuerons donc d'observer attentivement la situation et adapterons si nécessaire notre politique monétaire afin de maintenir des conditions monétaires appropriées. Une appréciation rapide et excessive du franc représente un risque pour la stabilité des prix. Pour contrer ce risque, nous sommes davantage disposés à intervenir sur le marché des changes.

Mesdames et Messieurs, je vous remercie de votre attention. Nous nous tenons maintenant à votre disposition pour répondre à vos questions.

Autrices/auteurs

  • Martin Schlegel
    président de la Direction générale

  • Antoine Martin
    vice-président de la Direction générale

  • Petra Tschudin
    membre de la Direction générale

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