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La Banque nationale suisse a-t-elle besoin de fonds propres?

Société de statistique et d’économie politique, Bâle , 28.09.2011

  • Texte intégral
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En 2010 et au premier semestre 2011, la Banque nationale suisse (BNS) a enregistré de lourdes pertes sur ses réserves de devises à cause de la fermeté du franc et des ajustements de valeur en résultant, ce qui a entraîné une diminution considérable de ses fonds propres. Il est dès lors bien compréhensible que le public exprime son inquiétude. Les questions les plus fréquemment posées dans ce contexte sont les suivantes: La Banque nationale peut-elle perdre sa capacité d'action si elle affiche des fonds propres négatifs? Et, en cas de fonds propres négatifs, faudrait-il procéder à une recapitalisation, voire à une mise en faillite, de la Banque nationale?La réponse est non, car la Banque nationale n'est comparable ni à une banque commerciale, ni à aucune autre entreprise privée. D'une part, les banques centrales ne peuvent être à court de liquidités. Par conséquent, une banque centrale ne peut voir sa capacité d'action diminuer lorsque ses fonds propres affichent un niveau négatif. Contrairement aux autres entreprises, elle n'est pas non plus obligée de prendre des mesures d'assainissement ou de déposer son bilan. D'autre part, par rapport à une entreprise privée, une banque centrale bénéficie d'un avantage en termes de financement et dégage des excédents de revenus sur le long terme. Aussi une banque centrale comme la BNS peut-elle normalement reconstituer elle-même ses fonds propres au fil du temps, après avoir essuyé des pertes.Néanmoins, la persistance d'un niveau négatif de fonds propres n'est pas sans poser problème, même pour une banque centrale, car à la longue, une telle situation peut compromettre la crédibilité et l'indépendance de l'institut d'émission. Il est donc primordial pour la Banque nationale de maintenir une couverture suffisante de fonds propres. Par conséquent, il est nécessaire que la Banque nationale renforce sa dotation en fonds propres pour pouvoir accomplir durablement et sans restriction son mandat de politique monétaire, dans l'intérêt général du pays. Pour ce faire, elle doit dégager des bénéfices et les conserver. L'ensemble de l'économie en profitera à long terme.