La situation internationale au moment de la dernière appréciation de la situation de l’année avait radicalement changé par rapport à l’examen de septembre. La crise financière s’était finalement propagée au reste de l’économie et les pays avancés étaient tous entrés presque simultanément en récession. De plus, avec la baisse de la demande mondiale, les prix du pétrole, des matières premières et des denrées alimentaires s’étaient effondrés. Il en résultait une nouvelle détérioration des perspectives de croissance aux Etats-Unis et en Europe.
La Banque nationale a alors prévu que l’économie suisse serait affectée de plein fouet par ces évolutions. Pour les trimestres à venir, toutes les composantes de la demande, à l’exception de la consommation, devaient reculer. L’effondrement de la demande étrangère devait se répercuter sur les exportations suisses, notamment celles de biens d’équipement. En outre, les investissements devaient être la composante de la demande à se replier le plus fortement. Par contre, la consommation devait continuer de progresser, mais à un rythme plus faible, soutenue notamment par la baisse de l’inflation. La Banque nationale a ainsi anticipé une croissance du PIB pour 2009 située entre –0,5% et –1%.
En ce qui concerne les crédits hypothécaires, leur taux de croissance se maintenait à un niveau comparable à celui de l’examen précédent. Quant aux autres crédits, la crise financière n’avait, au moment de l’examen, aucune répercussion sur leur octroi. Il n’y avait pas lieu de parler de rationnement du crédit (credit crunch). Dans le sillage de la baisse des taux d’intérêt, la croissance des agrégats monétaires s’était accélérée sans pour autant entraîner une augmentation des risques inflationnistes, la forte demande de liquidités provenant essentiellement de motifs de précaution.
Malgré les trois baisses de taux décidées en octobre et en novembre, les risques inflationnistes s’étaient largement dissipés suite à la dégradation des perspectives conjoncturelles et à la chute du prix du pétrole. Des taux d’inflation négatifs pendant quelques mois de 2009 pouvaient même être envisagés. Dans ce contexte, la Direction générale a décidé, le 11 décembre 2008, d’abaisser une nouvelle fois la marge de fluctuation du Libor de 50 points de base, marge qui est passée ainsi à 0%–1%.
La prévision d’inflation publiée au moment de la décision reposait sur un Libor à 0,5%. Elle repassait en dessous de la barre des 2% à partir du quatrième trimestre de 2008. La prévision continuait de reculer jusqu’à la fin de 2010, à l’exception d’une brève hausse au quatrième trimestre de 2009 en raison d’un effet de base provoqué par l’évolution du prix du pétrole. La prévision indiquait que l’inflation se montait à 0,9% pour 2009 et à 0,5% pour 2010. La légère reprise du renchérissement attendu à la fin de la période de prévision s’expliquait par le fait qu’un Libor à 0,5% ne représente pas un niveau d’équilibre garantissant la stabilité des prix à moyen et long terme.