Comme à chaque appréciation de la situation économique et monétaire, la prévision d’inflation de la Banque nationale s’inscrit dans le scénario de l’économie mondiale jugé le plus probable.
Les hypothèses de la première appréciation de 2006 quant à l'économie mondiale ont été, dans l'ensemble, semblables à celles de décembre 2005. La Banque nationale a de nouveau pronostiqué une conjoncture mondiale robuste. Bien qu'au quatrième trimestre de 2005, la croissance du PIB des Etats-Unis ait été en deçà des attentes de l'appréciation précédente, la Banque nationale a escompté pour 2006 une forte croissance outre-Atlantique, soit de plus de 3%. Quant à la zone euro, une évolution de la conjoncture plus favorable que celle anticipée auparavant se dessinait. Pour 2006, la Banque nationale a alors tablé sur une croissance d'environ 2,5%. En ce qui concerne le pétrole, elle a continué de prévoir un prix élevé pour les trimestres à venir.
En Suisse, au moment de l'appréciation de mars, l'évolution économique se poursuivant comme prévue, la Banque nationale a anticipé pour 2006, comme en décembre 2005, une croissance du PIB légèrement supérieure à 2%. La conjoncture devait encore gagner en vigueur et reposer sur une assise toujours plus large. Grâce à l'évolution réjouissante des ventes sur les principaux marchés, les exportations allaient encore progresser, mais à un rythme un peu moins soutenu que précédemment. Le taux d'utilisation plus élevé des capacités de production devait continuer de stimuler les investissements et accroître la demande de biens d'équipement. Seule la construction devait faiblir quelque peu étant donné son niveau élevé. Une amélioration de la consommation et une embellie sur le marché du travail devaient également se dessiner.
Les agrégats monétaires réagissent rapidement et sensiblement aux décisions en matière de taux d'intérêt. La croissance des agrégats a ainsi diminué après les hausses de taux de 2004 et de décembre 2005. L'excédent de monnaie, constitué pendant la période de politique monétaire très expansive, a cessé d'augmenter suite à ces hausses. Quant à la croissance des crédits, elle s'est stabilisée à un niveau relativement élevé. En outre, la Banque nationale a continué d'observer attentivement l'évolution du marché de l'immobilier, notamment les crédits hypothécaires, qui croissaient toujours à un rythme de plus de 5%.
Au moment de l'appréciation de mars, le renchérissement découlait pour l'essentiel du prix du pétrole. La Banque nationale a alors anticipé un taux annuel moyen d'inflation de 1% pour 2006. Par rapport à l'appréciation précédente, les perspectives d'inflation ont été revues à la hausse. Dans ce contexte, La Banque nationale a décidé de relever de 25 points de base la marge de fluctuation du Libor, intervalle qui est passé à 0,75%–1,75%.
En supposant le nouveau Libor maintenu constant à 1,25% pendant les trois prochaines années, l'inflation prévue – résumée par le graphique de la prévision d'inflation publié lors de l'appréciation – était supérieure à celle de l'examen précédent jusqu'à fin 2006. L'hypothèse d'un prix élevé du pétrole et la légère augmentation des prix qui se dessinait du côté des biens importés contribuaient à cette pression au début de l'horizon de prévision. Par contre, la nouvelle prévision était inférieure à la précédente pour la période 2007-2008. Le renchérissement annuel moyen s'établissait à 1,1% pour 2007 et à 2% pour 2008. Au terme de la prévision, l’inflation attendue dépassait toujours la limite assimilée à la stabilité des prix.